Syndicat des Cols Bleus de Laval - SCFP 4545

Nids-de-poule les cols bleus dépassés

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Nids-de-poule: les cols bleus dépassés
Article mis en ligne le 28 février 2008 à 5:54

 
Des chapelets de nids-de-poule s'étirent sur plusieurs mètres à de nombreux endroits du réseau routier de Laval. (Photo: Marc-André Ménard)
La neige abondante n'aide pas, mais les chapelets de nids-de-poule qu'on observe aux quatre coins de Laval, ces temps-ci, sont également le résultat d'un manque d'effectif et de pertes de temps reliés à une mauvaise gérance, plaide un col bleu.
Les nids-de-poule ne sont qu'un élément dans une longue liste de travaux à effectuer en matière de réfection des routes, affirme un col bleu qui s'est confié au Courrier Laval sous le couvert de l'anonymat. Réparation de la chaussée aux abords des trous d'homme, des puisards, dans les entrées charretières…

«On ne peut pas, parce qu'on éteint toujours des feux», dit-il, en ajoutant qu'une mauvaise gérance, qui mène à des pertes de temps au Service des Travaux publics de Laval, pèse également dans la balance.
Accaparés par la neige
Les nombreuses bordées de neige créent une pression énorme sur les ouvriers de la Ville. Pendant qu'ils vaquent nuit et jour au déneigement, l'alternance du gel et du dégel fait son œuvre sous la neige. On voit les résultats depuis que la chaussée s'est dénudée, à la faveur du redoux du week-end dernier.
Le plus souvent, les nids-de-poule sont regroupés sur une surface de quelques mètres, laissant peu de chance aux automobilistes d'y échapper. «On retourne toujours aux mêmes endroits, confie l'employé de la Ville. Mais les rues vieillissent, et on ne les refait pas. Elles se détériorent encore plus.»

La solution? Affecter des équipes permanentes à la réparation des trous. Une option impossible, étant donné les effectifs actuels, estime-t-il.

«Il faut excaver, refaire l'asphalte, ou, ce qui est plus économique et durable: mettre un scellant et l'asphalte par dessus. Il faut couvrir grand; les petits trous bouchés, ça ne reste pas, et ça fait lever l'asphalte», explique-t-il.

L'application du scellant n'est possible qu'en été, pas par temps froid, ajoute-t-il. «Mais même l'été, il n'y a pas assez de personnel, avec les vacances.»
Un classique
«Les employés cols bleus se plaignent toujours du manque d’effectifs. C’est classique, répond le porte-parole de la Ville de Laval, Marc Laforge. À la dernière négociation conclue en novembre, nous avons confirmé 65 nouveaux postes permanents. Les effectifs sont passés de 500 à 565. Cette année n’est-elle pas exceptionnelle, sur le plan de la neige?»
«Chaque année, les artères dont la chaussée sera refaite sont au haut de la liste des priorités, ajoute-t-il. Des annonces seront faites à cet égard ce printemps.»

Du côté du syndicat des cols bleus de Laval, on affirme avoir rencontré la Ville à plus d'une reprise et avoir envoyé plusieurs courriels à la direction au sujet du manque d'effectifs, depuis le début du présent hiver, mais toutes les tentatives sont demeurées vaines.

Et selon le président du syndicat, Martin Gagnon, il n'y a pas que les nids-de-poule qui viennent appuyer leurs revendications.

«Depuis que je suis à Laval, je n'ai jamais vu un déneigement aussi déficient que cette année, affirme-t-il. Laval possède le matériel nécessaire, mais ses Bombardier doivent demeurer dans le garage, car elle manque de personnel. Le résultat est que les trottoirs sont mal déneigés. On connaît un hiver très particulier au niveau des précipitations, et la Ville ne s'adapte pas. Elle ne se préoccupe que de l'argent.»

«En janvier 2007, on avait une liste de près de 160 employés temporaires. Cette année on en compte 115. Les directeurs syndicaux me confirment tous qu'on manque de personnel.»