Syndicat des Cols Bleus de Laval - SCFP 4545

Laval, capitale horticole au goût du jour

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Courrier Laval, Édition du jeudi, édition du dimanche

Laval, capitale horticole au goût du jour
Exit les annuelles au nom du développement durable
par Sophie Méley-Daoust
Article mis en ligne le 4 juillet 2008 à 10:57

 
La décision de la Ville de réviser son plan d'embellissement s'inscrit dans une visée de développement durable. (Photo: Martin Alarie)

Ses massifs toujours dépourvus de fleur, la ville de Laval fait piètre figure, elle qui détient depuis belle lurette le titre de capitale horticole du Québec.

Plusieurs producteurs lavallois ont été obligés de jeter leurs fleurs, depuis que la Ville a annoncé sa décision de réviser son plan d'embellissement, troquant les annuelles pour les vivaces. Pourtant, Laval est reconnue pour sa production impressionnante de variétés d'annuelles. «Les producteurs sont très déprimés, c'est de la contre-performance, confie le président du Syndicat de base UPA-Laval, Gilles Lacroix. Les producteurs comprennent bien la nouvelle tendance, mais reste que la Ville ne leur achète plus de fleur.» La directrice d'Agropôle, Nancy Guay, explique de son côté que cette décision de la Ville s'inscrit plutôt dans une volonté de développement durable, présentée dans la planification stratégique de la Conférence régionale des élus de Laval (CRÉ). «La Ville mérite quand même toujours son titre de capitale horticole parce que nous avons toujours le savoir-faire et cette décision fait preuve de génie», affirme Mme Guay, ajoutant que le pourcentage d'annuelles plantées sera graduellement modifié afin d'être remplacé par des vivaces, qui demandent moins d'entretien. «Oui il y a beaucoup de cultivateurs d'annuelles à Laval, mais il y a aussi des producteurs de vivaces et des pépinières», estime la directrice d'Agropôle qui se dit disposée à rencontrer les producteurs afin de trouver de nouvelles avenues, comme, par exemple, produire des annuelles demandant moins d'entretien.

Pour M. Lacroix, cette décision de la Ville ne va plus avec son image qui a toujours eu «une signature horticole». Si bien qu'il est encore possible de lire, dans un article dressant un portrait de la région sur le site Web du magazine Québec Entreprise, que Laval a été baptisée capitale horticole «pour ses nombreux parcs et jardins fleuris». «Il faut faire des pressions pour continuer de donner un sens à ce titre», estime M. Lacroix, ajoutant que pour l'heure les producteurs s'affairent «à essayer de gagner leur vie».

 

À chacune sa place
Les annuelles ont autant leur place que les vivaces, selon le président du Syndicat UPA-Laval. «Les annuelles, ce n'est pas cher, ça embellit une ville et ça rend les gens heureux», estime-t-il.
«Si la Ville ne veut pas donner la plantation à contrat, c'est une chose, mais il y a un budget pour ça et l'horticulture c'est important à Laval», conclut Gilles Lacroix.